mardi 28 décembre 2010

Beaubourg sous la pluie et Mondrian sans appui

Après un séjour à Chicago, M&M m'avaient offert un mug acheté dans la boutique d'un musée. J'ai trimbalé ce mug partout et, au fil des déménagements, l'ai tristement perdu. Il me plaisait beaucoup avec ses couleurs primaires et ses lignes noires. Je m'y étais attachée. 

Plus tard dans ma vie, je me suis demandé si je n'étais pas périmée, si tout n'avait pas déjà été dit et surtout en quoi et pourquoi ma parole pourrait faire sens.

Hier, heureuse comme un pinson sous coke à l'idée de doubler les tonnes de touristes glacés par la pluie avec mon pass d'abonnée, je me suis jetée dans l'exposition Mondrian/De Stijl de Beaubourg comme un enfant dans une fête foraine, la barbe à papa en moins. C'était donc moins par préméditation que par plaisir spontané que je me suis retrouvée au milieu des familles cultivées et des étrangers aux casques noirs. Et, au détour de quelques salles, j'ai retrouvé la chaleur d'antan, les lignes de mon mug sur les murs blancs du Centre Pompidou. 

D'emblée ravie par les pièces exposées dans la première salle, c'est à la limite de l'orgasme mondain que je me suis retrouvée en face des vitraux. C'est à dire qu'on m'en avait parlé autrefois et que ma mémoire d'enfant les entourait d'un prestige propre aux merveilles mythologiques: connues de l'esprit et non des sens. 

Tout ça pour dire que j'ai aimé l'atmosphère. Le reste, la théorie et l'idée que: "La sensibilité moderne ne peut se réduire à l'intégration de multiples points de vue, elle doit tendre vers une langue plastique directement universelle et rationnelle", je m'en fous. Sinon, j'ai trouvé très drôle que l'atelier de Mondrian soit si rangé, surtout quand on pense aux ateliers de Bacon et de Freud, ça m'a presque fait peur. Et j'ai retenu que Mondrian aurait été "un peintre parmi  tant d'autres", s'il ne s'était pas coupé des autres, s'il n'avait pas dépassé et violé le cubisme, le fauvisme et tous les mouvements qu'il approchait. J'ai été rassurée à l'idée qu'il soit devenu Mondrian sur le tard parce que ça signifie que tout espoir n'est pas perdu.

Et puis j'avais faim, alors je suis partie. 



Aucun commentaire: