mardi 15 juin 2010

Dreamlands

Hier, à deux C., on est allées dans le ventre grouillant de Paris. Pas celui qui est souterrain et noir, non, dans l'organe exhibé et proéminent, dans la verrière bariolée. On voulait voir Dreamlands,on voulait rêver de solitude à deux, avoir l'échine secouée par ces rêves hystériques qui faisaient sourire Walt Disney et qui font rire les touristes, rêver les moutons et pleurer les enfants.

Hier, on a vu des immeubles articulés, robotisés, se mouvoir au son des peurs contemporaines. Hier, on a vu des vidéos grinçantes d'enfants morts-vivants, le lapin en tête. On a vu des baskets frapper l'asphalte comme le sol de la cuisine: d'un rythme sec et régulier, le plastique mat et la jambe fine.Hier, on a vu des néons et du carton-pâte. Hier, on a vu une photo de mariés devant une pyramide d'Egypte et une tour Eiffel. Hier, on a vu un homme devant tous les monuments du monde. Hier, on pense qu'on a vu une ville faite de peaux séchées.

Hier, on a vu une exposition à Pompidou.




Yesterday both Cs went into the glass eye of Paris, the one in the city center. Yes, the one that devours all those people for the sake of art. And a title like “Dreamlands” is more than attractive for two young girls that are or wish to be intellectuals. That’s how we got to see Walt Disney’s hysterical dreams, the ones that tourists love and babies fear.

Yesterday we saw automated buildings moving to the sound of contemporary suffering. Yesterday we saw ghastly videos of freaky doll children, a rabbit leading them. Yesterday we saw sneakers beating against the asphalt the same way they did against the kitchen floor: in a hideaway rhythm, thin and dull legged. Yesterday we saw cardboard troubles. Yesterday we saw weds posing in front of an Egyptian pyramid and of the Eiffel Tower. Yesterday we even saw a man in front of every major monument of the world. Yesterday we might have seen a city made out of dried skin.

In any case, yesterday we saw an exhibition at the Centre Pompidou. Wouh.

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