jeudi 17 juin 2010

Off With Your Head, Dance Till You're Dead

Sur la place du Trocadéro, urbaine, routière, touristique, parisienne et française se dressent deux pavillons répondant à la silhouette toute dressée dans son importance symbolique de la Tour Eiffel universelle. Sur la place du Trocadéro, même quand il fait beau, il fait gris; les voitures luxueuses ignorent le cimetière de Passy et les touristes n'en ont que pour la vue, en dépit des deux bâtiments solides qui tiennent le tout et protègent l'extrême nudité de l'esplanade. Sur la place du Trocadéro, il y a le palais Chaillot, dans lequel se trouve le Théâtre National de Chaillot, dans lequel se trouve la salle Jean Vilar, sur la scène de laquelle se joue Orphée, made in Montalvo-Hervieu.

Au début, ça déborde un peu, tout bariolé de couleurs et de coutumes qui s'enchainent, se superposent et s'intègrent à nos paysages quotidiens. Au début, ça fait un peu facile tout ce mélange de hip hop, de classique, de noirs, de cirque, d'homosexualité, de femmes, de blancs, d'unijambistes et de ténors. Au début, les yeux se calent dans leurs orbites et les doigts frappent impatiemment sur le poignet parce qu'on avait autre chose à faire.

Et puis, elles sont là, les amies avec un grand A, le trio infernal est complet et complété par la compagne. Et puis on est bien, toutes ensembles, dans le confort noir de la salle parisienne. Et puis le temps n'est plus puisqu'on est là, ensemble, alignées sur du velours rouge. Et Paris qui nous rassemble.

Quand arrive la déchirure des Enfers, on a oublié le snobisme et le travail qui nous attend, on a ri de bon cœur et on s'est émerveillée de l'agilité du couple aux échasses et aux béquilles. Quand arrive la déchirure des enfers, on a les larmes au bord des lèvres et les doigts plantés dans la chair parce qu'on sait qu'il va se faire dépecer par les Ménides, parce que le sang gicle, parce que la vie est trop injuste.

Du pouvoir de lard, comme qui dirait.






The Place du Trocadero is like the prominent nose of Paris: obvious, noisy, smelly and crowded. You can difficultly miss it and it’s quite impossible to mention the word “charm” when describing it, except if you focus on the view as most tourists tend to do. But on the Place du Trocadero there are buildings, two of which frame the free space where people open their eyes wide to print on their brain their own souvenir of the Eiffel Tower. One of those two buildings is the Palais Chaillot. In it there is the Théâtre National de Chaillot. In it there is the salle Jean Vilar on the stage of which you can see the Montalvo-Hervieu made Orphée. 

In the beginning your eyes hurt a bit because of all the colours, the same way your ears do with all the different sounds fighting on the bright stage and I felt globally lost because of all the culture superimposed and put on our occidental landscape. It even looks easy, the mixture resulting of the best of hip hop, woman, black, yellow, white men, dancers and singers, acrobats… During the first couple of minutes, your eyes roll, your feet beat the ground because you had elswheres to be.

But all they’re there, the BBFs with an everlasting B and the swell girlfriend. It feels right, the bunch of us together, in the comfort of the dark. And time is out since we are there, lined up on red velvet. And Paris, that allows this togetherness. 

When the underworld tears you apart, you’ve long forgotten that there is an elsewhere, you’ve laughed, loved and cried. When the underworld tears you apart, you silence a cry in your throat and plunge your nails in your flesh because you know they’re gonna tear him apart, because the blood spurts, because life is so unfair. 

Some might say it’s got something to do with art or life, who knows.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

ne pas bouder son plaisir!...oui oui on était bien...