vendredi 16 juillet 2010

I paint people, not because of what they are like, not exactly in spite of what they are like, but how they happen to be.

Il y avait cette injonction de l'exposition, ces tentatives avortées. Il y avait cette pulsion de la chair, cette répulsion du laid. Enfin, hier, D. et Beaubourg m'attendaient.

Ce qu'il y a de choquant chez Lucian Freud, ce sont ses corps imposants et dégoulinant. Merci bien. Ce qu'il y a d'intéressant chez Lucian Freud, c'est toute cette logique où le verbe se fait chair puis la chair s'incarne peinture. C'est certain. Ce qui me perturbe chez Lucian Freud, c'est son rapport à la photographie, au réel.

L'atelier, c'est précisément cela. Un nombre incalculable de tableaux répétitifs, tant par leur sujet que par leur traitement. Mais Lucian nous dit, en caractères d'imprimerie, sur le mur de la salle INTERIEUR/EXTERIEUR, que la répétition est la clef de la vérité, ou plutôt que le fait de "knowing by heart" nous amène bien plus près du sentiment brut que la découverte, aussi exaltante qu'elle soit, de la nouveauté.

D'abord, on a vu les blancs: au moins trois, du gris au jaune sale. Et puis on a vu les bâtiments et leur lumière parfaite. Ensuite, on a vu les hommes flous aux corps en proie au bouillonnement statique et la ville derrière la vitre de leur appartement, la ville aux qualités PHOTOGRAPHIQUES: claire, nette, géométrique. On a aussi vu le jardin se muer, et l'encre sur les feuilles tatouées, lacérées. Toute cette évolution temporelle où l'eau s'ajoute aux couleurs et où l'oeil de l'artiste clarifie, floute, déroute. 1970/1984/1995/2004: périodes similaires et distantes d'un même homme en proie aux mêmes obsessions.

On pense qu'il aime moins la maigreur que la rondeur. On ne sait pas trop si son autoportrait nous méprise, s'agresse lui-même ou parle de l'art et de l'homme. En tout cas, on a vu du Lucian Freud.






There’d been the exhibition’s injunction and the aborted tries. There was the flesh’s call and the repulsion from ugliness. Yesterday at last, D. and Beaubourg were expecting me.

The Lucian Freud shock is incarnated by huge bodies. Thank you very much. The Lucian Freud scheme of thought follows a pattern that goes from the verb to the flesh to the paint. For sure. The Lucian Freud I’m interested in has a strange relationship to photography and reality.

And that’s precisely what the worskshop is about. Endless repetitions in the subject and the treatment of the paintings. And, as Lucian himself puts it in bold letters on the wall of the INDOORS/OUTDOORS room, truth comes from repetition or, more precisely, “knowing by heart” brings us closer to the core of the matter than any discovery, as thrilling as it may be, of novelty.

The first thing we saw was white: at least three types of it, from grey to yucky yellow. Then we saw the buildings and their perfect light, the blurred men with their statically boiling bodies and the city behind the flat window, the PHOTOGRAPHIC qualities of the city: clear, neat, geometrical. We also saw the garden changing, the ink on the tattooed paper. We saw the chronological evolution where water is added to colour and where the artist’s eye clarifies and blurs; does his best to puzzle us. 1970/1984/1995/2004: identical and distant periods in a single man’s unique obsessions.

We think he favours flesh over bones. We can’t say whether his self-portrait despises us, hates himself or deals with the relationship between man and art. Still, we saw a Lucian Freud exhibition.

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