lundi 19 juillet 2010

jazz, vitraux et champagne.

A Reims, les touristes viennent voir la cathédrale et les vitraux de Chagall. Quand ils en sortent, ils vont boire du champagne, visiter des caves et reprendre le train pour Paris. C'est que Reims a été pas mal amochée par les attaques aériennes de la seconde guerre mondiale et que les travaux du tramway ont fini d'éventrer le centre-ville.

Un peu à l'écart pourtant, la chapelle Foujita vaut son pesant de cacahuètes. Non pas tant qu'elle soit gigantesque (faire à Reims plus grand et plus beau que la cathédrale, la basilique St Rémi y est déjà parvenue, pas la peine de faire dans l'over monumental). Non pas qu'elle soit en or 24 carats incrustée d'émeraudes, elle est en pierre et en chaux. Non pas qu'elle soit ancienne: elle a été construite entre 1964 et 1966. Pour tout dire, elle pourrait presque n'avoir rien de bouleversant.

Ce qui la rend bouleversante, c'est Jocelyne-le-guide, et son amour incandescent pour le maître qu'elle a vu peindre. Ce qui la rend bouleversante, ce sont les vitraux représentant les catastrophes d'Hiroshima et de Nagasaki sans vraiment les représenter. Ce qui la rend bouleversante, c'est la qualité du trait de Foutjita, ce sont les variations de la couleur de la fresque qui reflètent les caprices de la météo rémoise de l'été 1966, c'est le style étampe que l'on retrouve dans les visages, c'est le mariage du manga et de la peinture sacrée. Ce qui rend la chapelle Foujita bouleversante, c'est l'équilibre des styles, le testament d'un vieillard et la lumière d'un samedi de juillet.

Ensuite, on est allés écouter du jazz en buvant du Pommery pendant que le soleil se couchait sur les arbres d'un parc.







Thinking of France, the first words that should randomly come to your mind are: food, wine, culture, architecture, champagne and fashion. Then you’ll whisper “Paris” with moist lips and glimmering eyes. But if you know Paris well enough to be bored in the metro or if you’re just wanting to be original, there are other places to go to.

Reims, for instance: rivers of  champagne, cathedrals, art nouveau and kings… any princess’s dream. And, if you have other interests in life than looking for peas under mattresses, there also is the strange and magical Foujita Chapel. No, Foujita doesn’t sound French and yes, a chapel is like a tiny church, nothing worth noticing. I suppose telling you it’s a plain whitewashed building made of stones that was built between 1964 and 1966 won't make it sound any more appealing to you and you’d be right, it nearly isn’t worth your attention.  

But if you’ve got half an hour to spare, if you want to take the time to look at the details, if you want to see things you’ve never seen before and if you wonder what History means, just go and look at the stained glass, at the paintings, at the features of old Foujita’s art. And if you’re patient enough to let Jocelyne explain her love for the master and all the stages of the birth of the baby church you’re standing in, you might discover some fundamental truths about Hiroshima. In fact what I hope is that you’ll be touched as I was when you’ll realize you’re standing in the flesh and bones of Foujita and of his era, that you’re given to see an old man’s illustrated legacy.


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