jeudi 26 août 2010

Téléphone Român

Je dois beaucoup à D. Jumelle d'un an et un jour. Elle relit pour moi des auteurs inconnus. Elle m'ouvre la porte d'un monde jusque là fantasmé. Elle a le mot juste, le regard franc. En somme, c'est une chic fille.

Hier, on parlait. Hier, elle me disait que l'art fait penser. Moi, je pensais qu'il fait vibrer. On aurait pu être en désaccord mais c'est un bateau ivre qui nous relie, une question d'au-delà, une impossibilité à expliquer, raisonner, démontrer.

Grâce à elle, j'ai entendu parler d'Alexandru Niculescu. Depuis, j'aimerais beaucoup voir son travail.




D. is like my twin, except for being younger and Romanian, and also far braver. She reads unknown French writers. She opens my eyes and introduces me to a world I only dared to desire. In short, she’s a great gal.

Yesterday we were chatting. Yesterday, she told me art makes you think and I thought it makes you burn. I guess we could’ve disagreed but we have a Bateau Ivre in common, something of a hereafter that cannot be explained nor reasoned. 

And it’s thanks to her I heard about Alexandru Niculescu’s work. And since then I’ve been obsessed with the idea of seeing it out of the screen and in a room or on a wall, freed from the web.




Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

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