vendredi 26 novembre 2010

Thomas Vinau et les Belles Miettes

J'étais d'abord tombée sur cette histoire de patate. Enfin, pour être tout à fait exacte, j'ai dû partir d'un port connu, d'une plume amie et, la dérive aidant, atterrir sur la page de Décapage (revue dont je possède enfin le dernier exemplaire, celui que je touche et que je regarde avec amour, me glissant entre ses pages pour lutter contre le froid, la vie et la pollution). Et c'est là que paf-patate. J'adore ce mot. Vraiment. Et comme le blog des portraits est à la hauteur, j'ai creusé. Logique.

Ce que j'ai trouvé, je ne suis pas sûre d'avoir les mots pour le dire. C'est quelque part entre la justesse et la beauté, l'humilité et la bravoure, le panache et la grâce. Je suis pourtant nulle en poésie. Toute ma scolarité, j'étais très forte en analyse de prose, en explication de texte théâtral et en dictée mais la poésie, c'est comme la grammaire, j'ai jamais vraiment compris. Je crois que j'ai peur du cerveau français, persuadée d'être privée d'un lobe pour des raisons généalogiques: les mélanges ne prennent pas toujours.

Bref.

Sauf que , ça me touche, j'ai le dedans qui résonne, la corde qui se tend et qui dit oui, c'est vrai, je vois. Parce que c'est ça le truc, je l'ai vu de mes yeux vus la vérité de sa vie, le doigt tendu de son enfant, l'usure de sa basket. C'est le genre de plume à qui tu dis merci sans cesse, parce que le seul mot qui puisse la résumer, c'est générosité. Alors quand je l'ai contacté pour lui dire, ce merci qui m'encombrait, je me suis trouvée nulle et vide, parce qu'un merci c'est compliqué, ça se dit en silence et en sourire, avec l'audace d'un respect.

De fil en aiguille, j'ai voulu passer de l'écran à l'objet, avoir un support à toucher, un trophée à exposer, une matière à palper. J'ai passé une commande.com, avec l'aide de l'auteur, et reçu un cadeau mais toujours pas ma commande. Ce qui prouve à la fois que le mot générosité n'est pas vide et que les .com le sont.

Depuis, je sais que les chiens errants n'ont pas besoin de capuche, que la poésie est un sale type et autres histoires de Trappeur. Depuis surtout, j'ai envie. Une envie étrange de partager ces mots qui ne sont pas miens avec tous ceux qui le sont, d'user d'autres yeux que les miens, de sentir leurs cœurs proches battre en rythme et de lui souhaiter un succès mérité tout en souhaitant garder l'intime de la trouvaille. Ce qui est assez paradoxal.



L'illustration est d'Emilie Alenda qui fait de très jolies choses aussi, et même des bébés semble-t-il, mais ça ne nous regarde pas.

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