samedi 1 mai 2010

un éléphant qui se balançait

Il y a des recettes tellement connues qu'elles en deviennent périlleuses. Les lasagnes, c'est bon, mais à force d'en manger partout j'en suis devenue une critique impitoyable.

Le couple Depardieu-Moreau colle parfaitement à ce petit décor prolétaire présenté par les bandes annonces du dernier long-métrage franchouillard. D'ailleurs, il fait partie de cette catégorie de films que je ne tenais pas trop à aller voir: l'abonnement illimité UGC n'est pas une raison suffisante pour sponsoriser la redondance, on finit par rouiller pareil. En plus, Adjani en fantôme au regard exorbité; merci, on a déjà donné.

Et puis, c'est le samedi après midi de libre, c'est l'horaire qui colle, c'est le soleil qui rend facile: ok, je cède.

Au début, on se souvient qu'on est snob, qu'on sait ce que c'est le milieu des prolos, qu'on a pas besoin d'un jeu d'acteur pour le savoir, que c'est quand même très caricatural tout ça et que Depardieu, il pourra faire tous les tours de table (moisie de son salon) qu'il voudra: il est sacrément gras pour le coup et puis, c'est quoi cette coupe de cheveux?

A la fin, la larme à l'oeil et au fond des entrailles pour quelques heures encore, on se dit que c'était chouette, qu'on y retournera. C'était crade, c'était nul, rien de productif mais surtout rien de médiocre, pas une seconde de conventionnelle. On se dit que ça a quelque chose de beau, de français; et de français comme on voudrait que le français soit: pas d'identité culturelle définie par un "en-haut" aussi absurde qu'incompétent, un français comme un anglais, un sénégalais ou un lettonien. Un truc chouette qui ne se construit pas contre mais qui existe quand même et c'est tant mieux.





Some recipes are so well known they become challenging. For instance, lasagnas are a delicious meal but I’ve eaten so many I get easily fed up. 

The Gérard Depardieu-Yolande Moreau duet fits so perfectly in the proletarian setting introduced by the trailer for the latest Frenchie movie it scared me, I wasn’t even intending to see the film itself: having unlimited access to the Mk2 cinemas isn’t a sufficient reason for sponsoring redundancy, you rust all the same. Add to that the idea of seeing Isabelle Adjani as a bulging eyed ghost, it just freaked me out. But how would you fight against the Saturday afternoon, its good feelings and perfect timing? 

When the movie begins you remember you’re a snob and that you know what proletarian means without needing actors to show you, thank you very much. You feel that Gérard Depardieu can circumnavigate the (disgusting) table of his lounge as many times he wants, it simply won’t help you ignore how fat he is. Plus, what the hell is this haircut he’s so proud of? 

During the closing credits you realize how swell the movie was with a tear in your eye and in your guts that will linger there for a couple of hours. You think that part of its beauty of was due to its French-ness, not an administrative and cold list of adjectives defined by a robot no; an identity that is French like it could be English, Senegalese or Latvian: something that doesn’t build itself against but that is as true and sweet as a lover's smile.

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