jeudi 12 août 2010

just a little bit more

L'UGC des Halles est à la hauteur du lieu: sale, plein, bruyant. Mais le film commençait dans dix minutes, la tentation de la toile, le home sweet home et son relent nauséeux.

Un paquet de mikado en poche, mini-moi calfeutré dans un siège en velours rouge défoncé, la valse des spectateurs en retard semblait interminable et emplissait tellement la salle de cinéma que je tremblais à l'idée que mes genoux ne soient pris pour un fauteuil vide. C'est tout de même un risque sérieux quand on est invisible.

En parallèle, une histoire qui démarre doucement, avec cet accent chantant qui m'a toujours fait préférer l'italien à l'espagnol. Les répétitions et le quotidien, la réussite de la femme qui ressemblerait à une bonne brioche bien pétrie et bien cuite sur laquelle toute la famille pourrait se nourrir. La perfection rassurante du lisse. Son vide absolu.

Le basculement du désir qui commence mal, frustré, hésitant. Les tremblements du désirs comme un état brouillon et maladroit, on croirait presque des enfants. L'éclosion de la passion et la volupté des formes. La salle tremblait. La femme se dessinait un nouveau corps et son visage parlait d'amour, d'espoir, de confiance. Plus que l'amour de l'autre, la chair parait ici être la clef d'un amour de soi. D'un amour sain et accompli, d'une brioche devenue femme.

L'impasse et les larmes. La glace et l'homme présent, naïf, brisé. L'incompatibilité et le refus des réponses simples.

C'était un peu comme une histoire vraie.



At next to the Paris town hall, there’s this horrible shopping center called Les Halles. There’s a cinema in Les Halles, it’s a dirty, noisy and crowded place. The movie was tempting, the time was right and I didn’t feel like going home.

So I bought a packet of biscuits and sat my tiny self in a red velvet sagging seat. The late spectators waltz seemed endless and the room was so filled up I feared for my knees: I wasn’t feeling like bearing the weight of a heavy popcorn eater and please note the danger is great for this to happen when you’re invisible. 

A story was slowly opening on the screen like a sleepy rose with that singing accent that always made me favour Italian over Spanish. Redundancies and habits. The woman’s success. She looks like a delicious well kneaded and well cooked bun that would feed the whole family. The way perfect smoothness is reassuring. Its absolute void. 

Then comes the lurching of desire. The way it starts: clumsily, frustrated, unsure. The quivering desire that is like a draft state, the way the couple-non couple look like children. The blooming of passion and the voluptuous shapes: by then, the whole room was trembling. You could see the woman’s body re-drawing itself, her face shining with love, hope and confidence. More than the love of the other, the flesh seems to be here the key to a love of oneself, to a sane and accomplished love. It’s the story of a bun turned into a woman.

After that comes the dead end and the tears, the ice and the man: broken and naive. You will remember the incompatibility and the refusal of easy answers.

It was a bit like a true story.

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