dimanche 8 août 2010

Samouraïs vs Mandarins

Julia Kristeva et ses jupes en cuir, son rouge à lèvre, son nombre infini d'exemples personnels.
Personnage fondamental de la scène intellectuelle française des années 1980 à nos jours.
Auteur de thrillers, auteur de romans.

Si Thérèse, mon amour est grouillant de cet inaccessible qui ne devrait pas être, Les Samouraïs est au contraire lisible. Et qu'attend-t-on de la littérature si ce n'est qu'elle soit l'accès direct à ce monde qui nous entoure sans pour autant s'ouvrir à nous, d'être ces bras maternels qui savent protéger et exhiber ce qu'il faut d'insensibilité pour nous forger?

En outre, impossible de ne pas y voir un pastiche des Mandarins de Beauvoir où le castor serait devenu écureuil. Et ce clin d'oeil serait intéressant s'il y avait autre chose que des jeux de comparaison fades et débilitants: qu'importe au lecteur que le couple Sollers-Kristeva soit plus fort que le couple Sartre-Beauvoir grâce au secret, qu'importe au lecteur la liste des choses incroyables que Kristeva-Olga-Joëlle a vécues, entre la Chine Maoiste et mai 68? Surtout, qu'importe au lecteur de romans une chronique de la réussite sociale d'un couple de pédants?

Ce roman, certes bien écrit, n'entame pas le dialogue annoncé avec Les Mandarins, reste en surface et laisse son lecteur de marbre et frustré. Ce roman de révolte a un goût tout lisse de comme-il-faut et de cendres. Ce roman aurait dégouté Barthes.

Julia Kristeva et l'auto-fantasme. Merci bien.



Julia Kristeva, the famous wife of Philippe Sollers and former Roland Barthes student that also is a psychoanalyst and that brings contemporary thinking just that bit further. She often holds conferences in the States, she has a chair at Paris 7, she talks about herself a lot. 

If the huge Thérèse, mon amour is all brilliant and out of reach for us mortals, the novel Les Samouraïs is absolutely readable. And what do we expect from a book? The direct access to the world surrounding us, to a world that doesn’t open its arms alone, that needs keys to be understood and protected from. 

Also, it’s impossible not to see the link between Kristeva’s samourais and Simone de Beauvoir’s Mandarins, between the beaver and the squirrel. And the link that seems obvious between these two fundamental women would be interesting if Kristeva had turned it into something else than dull and debilitating games of comparison: what does it matter to the reader that the notion of secret makes the Sollers-Kristeva couple stronger than the Sartre-Beauvoir one? Also, the reader isn’t interested by all the incredible things Kristeva-Olga-Joëlle did between the Maoist China, the rich New York and the revolted 1968. And globally, the reader really doesn’t give a shit about the saga of the social success of a pedantic couple. 

This novel is well written but it’s an empty shell that looks like gold and feels like death. This novel supposedly deals with rebellion but ais in fact smooth, polished and polite. It leaves the reader frustrated and cold. This novel would have disgusted Roland Barthes.

Julia Kristeva, I don’t thank you.

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