mardi 19 octobre 2010

Les rêves dansants

C'est un documentaire sur un ballet de Pina Bausch adapté à des danseurs amateurs adolescents. Je crois, en quelques mots, avoir résumé la raison pour laquelle J. ne m'aurait pas accompagnée. Moi, la bande annonce m'avait déjà transportée et H. n'avait pas posé son derrière sur le velours rouge depuis plus d'un an.

C'est donc un documentaire.

Et Jo, la répétitrice, se la pète en tant qu'ancien rôle phare de la pièce. "En 78, j'étais la fille en rose." "En 78, l'homme enlevait son caleçon." "Tu ne comprends pas, le rire est grave, fais comme moi."

Et Joy, la magnifique blonde qui (et quel suspense non suspense) a le rôle principal, pleure la mort de son père, explosé au gaz.

Et l'autre qui pleure celle de son grand-père, brûlé vif en 1993, à l'Est.

Et nous qui pleurons aussi sur ces images étonnantes et déroutantes: c'est pourtant un documentaire sur un ballet dansé par des ados.

Et l'amour et la chair et la haine et le rire et l'horreur et les corps et l'âge sans âge et la clope et la soie et le son et la voix qui hurle qui couine.

C'est que c'est un documentaire sur un ballet dansé par des ados dont certains ont des strass dans les oreilles, des tatouages aux chevilles, de l'acné et des mèches blondes, du gel et des casquettes, des seins et des bites.

Ils sont purs de l'enfance et sales de l'âge qui vient. Ils sont vierges du professionnalisme et rompus aux répétitions. Ils sont bruts, ils sont frêles, ils sont beaux et c'est un des plus chouettes moments cinématographiques de ces derniers temps.



1 commentaire:

CP a dit…

Pour info et revisio, il ressort actuellement dans quelques salles.
Sinon, j'ai le dvd à la maison !)