dimanche 14 novembre 2010

Petits mouchoirs et gros cafard

Difficile de ne pas en entendre parler. Ce qui m'avait étonné dans l'impression qu'A. en avait eu c'était qu'elle détonnait clairement avec toutes les louanges faciles entendues ça et là. Ce qui m'étonnait moins, c'était que ça vienne d'elle. Ce que je ne comprenais pas, c'est qu'elle en ait le cafard: rien qu'à la bande annonce on voit que c'est une caricature de film.

Et puis hier, elle était malade et j'avais du temps. J'ai donc suivi ses traces jusqu'au Mk2 le plus proche pour me glisser dans une salle comble, entre mamie qui radote et gros porc à popcorn. Difficile de faire mieux.

Il me semble souvent que les réactions du public aux publicités et le type de bandes annonces diffusées en attendant le film est une sorte de baromètre qui tout à la fois indique l'atmosphère du film à venir et prépare le public à l'immersion. Hier, c'était assez grave comme ambiance: il y avait même une bande annonce pour un film de Takeshi Kitano.

Et les dialogues lourds. L'ambiance embourgeoisée. Le rire et la larme faciles. La musique pathétique. Mais le portrait générationnel. On se serre les dents pour ne pas rire à tant de trivialité et un pauvre son distordu émane d'une gorge compressée. On voit bien à quel point l'ensemble est surfait et les pieds nus superflus mais les larmes coulent tout de même, entre la mamie qui tremble et le gros porc qui met ses mains au popcorn sur les cheveux de sa dulcinée larmoyante. On déteste Guillaume Canet. On a envie de lui dire que trop de volonté tue la volonté.On trouve qu'il est méchant. On aime bien plus les gens. 

Et je vous raconte même pas la queue aux toilettes en sortant.


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