mardi 8 mars 2011

La madeleine Romanov

P. s'inquiétait du silence, du rythme rompu. Il pensait peut être qu'il y avait un sens caché, un non dit. Ils sont mille et ne viennent pas du vide puisqu'il y a eu Chantilly avec C., F., T. & J. et que le Mk2 tient toujours, tout comme les mots qui sont lus bien trop vite pour être dits, avalés à la source comme si la soif ne me quitterait plus jamais. Les mots d'ailleurs se déversent ailleurs, loin de l'oeil et du sens. Loin des grilles de lecture. 

Aujourd'hui cependant, il fallait reprendre la route. Parce que le rite rassure et que le partage est important P. tenait la porte de la Pinacothèque. 

Nous y avons vu du bleu, du vert et du rouge, des arbres stoïques et des ciels vulgaires, des perspectives et des ruines romaines. Il y avait aussi beaucoup trop de mamies: "Oh mais que de mouvements", agglutinées devant les toiles hollandaises. Entre deux annonciations, la colombe ascendante valait mieux que la descendante et la vierge apaisée touchait plus que la tétanisée. Après, c'est une question de goûts, nous on a aimé surtout les falaises escarpées et les femmes aux joues rosées.

Le plus intéressant dans l'histoire reste les bustes impériaux: entre leur mythe et leur profil, le gouffre abyssal d'un aspect peu crédible. Cela dit on voudrait bien, comme Catherine II, se consacrer quotidiennement à la disposition des toiles dans les pièces rouge sang de l'Ermitage et claquer des talons sur un parquet ciré même si on préfère boire un thé à la menthe sous le soleil de la rue Dénoyez.





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