vendredi 25 mars 2011

Pum it up @ Pompidou

Il ne restait plus que quelques jours pour découvrir l'Usine de films amateurs de Michel Gondry . La proximité du piège de cristal, le soleil et le temps en libre service m'ont donnée envie d'aller l'explorer, comme-ça-pour-voir. 

Je crois que le protocole implique l'inscription sur une liste, le passage par des ateliers et l'utilisation des décors comme lieux de vie oniriques. Je crois même pouvoir dire avec certitude qu'il s'agit d'un processus ayant pour but de se terminer sur une pellicule mais mon temps n'était pas libre à ce point. J'ai donc choisi l'errance comme technique avec mon regard et mes oreilles pour seuls outils. A l'atelier numéro 1 on préparait du rififi pour Jojo et ses maîtresses à base de femmes trahies et de meurtres commandités. Les adultes étaient bruyants, exaltés, cacophoniques tandis que leurs enfants les regardaient avec des grands yeux ébahis. C'est que la femme trahie avait aussi un amant et qu'il arrivait par le prochain avion. A l'atelier numéro deux, des adolescents se croyaient dans les années disco et ressortaient des vieux costumes de Gestapo pour frapper sur leur ego. Je ne sais pas trop quoi en conclure sur les pulsions à l'heure du post-freudisme mais ça m'a un peu perturbée. Entre-temps, j'ai joué avec les décors et imaginé des scénarios à base de feux de cheminée et de livres abîmés ce qui contrastait pas mal avec le soleil qui remplissait le studio d'une lumière printanière. D'ailleurs, dans une R5 abandonnée, j'ai vu une masse de cheveux noirs: un jeune homme s'était installé à la place du conducteur, la tête cachée sous le programme du musée. Il dormait comme un bébé et c'est la scène que j'ai préférée.

Après je suis montée sur le toit de Paris, je n'avais jamais remarqué à quel point on semble marcher sur les nuages, j'ai eu envie de m'allonger. Les Réinstallations de François Morellet, j'vais pas vous la faire à l'envers, je n'y tenais pas tellement. Seulement voilà, une visite au hasard, ça collait parfaitement au sujet et comme je ne suis pas épileptique, je ne courais pas tellement de risque à priori. Les néons, dans l'idée et dans les faits, c'est un peu pareil, ça décolle la rétine. Mais quand on arrête un peu de se prendre au sérieux, les risques de migraines disparaissent pour laisser éventuellement place aux hallucinations. Mieux encore, au rire: une femme dans un coin, actionnait une manette en ricanant tandis qu'un gamin jouait avec les interrupteurs d'une chambre noire. J'ai rejoint la femme et nous avons probablement passé 15 minutes à nous émerveiller des vaguelettes à la surface d'une eau noire dans laquelle se reflétait la grille d'un morpion au néon. Faut dire que j'avais été pas mal décoincée par une Mona Lisa complètement torturée par un ventilateur que je faisais tourner au maximum.

J'ai trouvé ça assez paradoxal, à postériori, le contraste entre la violence des metteurs en scène et la débilité géniale du monde Morellet. J'ai repensé à  BeatTakeshi et j'ai souri.


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