mardi 29 mars 2011

Retour vers le futur: Christie's au Palais de Tokyo

Il s'agissait en fait de la collection du Château de Gourdon. Le 'public' avait 4 jours pour se laver les mirettes devant la plus grande collection d'art moderne jamais réunie (c'est du moins ce qu'on chuchotait du côté de Christie's) (et c'est peut être un argument de vente) (mais on ne le saura jamais parce qu'on n'avait pas tellement les moyens).



Rhapsody in blue en fond sonore, les badauds pouvaient donc circuler entre chaises, tables et lits pour enfants, prendre des photos et rêver à d'autres temps. C'est que nous parlons d'une époque où l'art ne se veut plus détaché de la vie mais bien au coeur d'un art de vivre. C'est que nous parlons surtout d'un absurde hors d'état de nuire: qui va s'acheter une table de jeux mise aux enchères à 1.000.000 Simflouz pour jouer au paquet de merde avec ses potes?



Cela dit, on ne va pas se plaindre parce qu'après tout, on s'en fout pas mal que des riches veuves botoxées soient en train de s'entretuer, leurs violentes manucures plantées dans la silicone de la voisine, pour savoir qui aura le lit nénuphar pour ses hypothétiques jeux sexuels (on sent peut-être que je suis encore un peu aigrie), on a vu un musée comme on les aime. C'est-à-dire qu'il y avait tout un tas d'affaires, inégales et entassées, que les gens trituraient en vue de se les approprier. Sur trois murs étaient accrochées des dizaines de photos dont des Man Ray à faire rougir ma mère (et à côté desquelles Clark faisait figure d'enfant de cœur), des plans d'intérieurs cossus, des photos de star et des publicités. On pouvait prendre des photos (ce qu'on ne peut pas faire à Orsay par exemple, même qu'il y a quelques rebelles). On ne se faisait pas chier à traiter le lieu comme un truc sacré où le silence est d'or et la pose savante de mise (sauf peut être pour les employés Christie's, pliés en quatre devant des porte-monnaies obèses et décadents, le corps en transe devant tant d'opulence) (mais on les paye pour ce sketch) (alors on les comprend). Il y avait même toute une partie pas moderne.



Et tout était vraiment super chouette. Je crois même que si j'étais vieille et botoxée, j'aurais pu craquer (j'aurais au moins essayé de mettre une enchère sur une carte postale).  On a donc peut être  eu la chance, en tant que badauds, de voir réunie une des plus grandes collections d'art nouveau au monde juste avant sa dispersion, et surtout on espère (du moins moi j'espère, parce qu'on est pas tous comme Alain Delon) (mais je sais que je ne suis pas seule à espérer) que dans le futur, tous les musées seront gratuits, photophiles et pas chiants. Un peu plus humains en somme.



//Pictures home and hand made//

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