lundi 17 octobre 2011

Hey mec, cours à la Halle Saint Pierre!


On peut penser comme ça, « le XVIIIe, c’est un peu cliché. » C’est probablement vrai. Mais c’est l’éternelle histoire de la fumée qui ne vient pas sans le feu. Dans le cas du XVIIIe par exemple, je trouve cette citation über pertinente (check ton hype talk mec). Moi, le Sacré Cœur, je le vois tous les jours de ma fenêtre, et tous les jours je me dis « tiens, une mini cathédrale de Périgueux ». L’église Saint Jean de Montmartre par contre, elle me fout des frissons dans les globules, elle me fait souffler comme une baleine, limite si je fais pas de détours exprès tous les jours rien que pour la voir. De la même façon, au pied de l’édifice qui fait grimper les touristes, la Halle Saint Pierre m’a charmée depuis que je suis (re)venue à Paris. Style, couleurs, vitres, formes, thèmes, bouffe, boutique. Enfin tout. Quoi.


Et là, hier, j'ai découvert un truc que j'attendais avec impatience tout en ayant peur de me faire avoir par ce vieux con de Déjà Vu. Tout ce que je peux te dire c'est: Hey mec, cours à la Halle Saint Pierre, y a une expo de malade, un truc que tu peux pas rater, un truc qui ferait que je te mépriserais pour l’éternité si tu savais que ça existait et que tu n’y foutais pas les pieds. Ça m'a fait perdre toute préoccupation morale et toute notion de style (prononcer staïle). Une expo dont la puissance des œuvres m’a happée à tel point que j’en ai oublié où j’étais, ce que je faisais, qui j’étais, ce qui me motivait, et même que j’existais hors de ce moment d’extase incroyable et interminable. Comme un orgasme éternel. Si, j’te jure, c’était aussi fort que ça.

Modern Art

Il y avait du tatoueur, du graffeur, du graphiste, du dessinateur BD, du redécouvert, du science-fictionnel, du taré, du musclé, du porn, du toy, du vieux et du très jeune. Il y avait du vagabon post mortem et du déjà bien connu. C’était la claque du siècle. Ils avaient tout réuni, ils m’avaient cernée, je comprenais d’où je venais et ce que j’aimais. Autour de moi, je voyais des gens comme moi, qui aimaient ça et qui se découvraient, nus.

Pop Culture

Pour une fois, je vais même te dire, de façon un peu plus pragmatique, pourquoi il faut y aller. Tu apprendras par exemple d’où vient le nom des Vivian Girls (dans The Story of the Vivian Girls, in What is known as the Realms of the Unreal, of the Glandeco-Angelinnian War Storm, Caused by the Child Slave Rebellion) et ça, ça m’a scotchée. Tu découvriras des concepts tels le mécacollage et l’oeuvre page pour agrémenter tes conversations mondaines de références underground. Tu te battras avec d’autres visiteurs pour choper un cylindre argenté et découvrir ensuite que tel est pris qui croyait prendre (dans les anamorphoses cylindriques de Ruppert & Mulot). Tu feras des « aah » et des « ho » devant Bestia Recreata (c'est-à-dire que t’auras les choquottes). Tu seras heureux de constater que Art, Revendications, Emotions, Nouveauté, rien n'est mort, loin de là.


Oublie ce que tu connais et que tu crois aimer, et prends Anne & Julien (les créateurs et rédacteurs en chef de la revue HEY !) au mot :
"Cette exposition, comme une vaste préface de l’imprévisible, un Everest… "



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