vendredi 2 décembre 2011

Don Lee Doo Dee Doo Da

A une époque, j’étais inscrite en licence LLCE à la fac de Bordeaux. Cette époque, j’en parle peu, c’est qu’elle était douloureuse. Je sortais de l’univers rassurant des classes préparatoires et je n’avais toujours pas compris ce qu’on attendait de moi : une prise en main, un truc décisionnel. Un plan de carrière.

L’Université Michel de Montaigne est sale comme un blockhause et on s’y perd assez facilement. J’avais beau m’être fait des amis et aimer la traduction, les cours de linguistique me mettaient dans un état de panique trop avancé pour que je puisse me sentir bien dans mes baskets. Un mardi midi, sous l’espèce de préau qui reliait les bâtiments des salles de cours au restaurant universitaire, une bande de mecs s’est installée avec, entre autres, un banjo. Ils ont commencé à jouer. C’est assez étrange tu sais, trois mecs en perruques qui jouent du banjo à l’heure du déjeuner sur un campus universitaire. Surtout quand tu ne peux t’approcher d’eux sans être invitée à déchirer tes cordes vocales sur un Bohemian Rhapsody qui envoie du steak.

Ils sont revenus plusieurs fois sur le campus, ils s'appelaient les Royal Woodpecker. On les a aussi croisés ailleurs, dans des endroits aussi mythiques qu’alcoolisés. J’ai appris que l’un de leurs membres s’appelait Youssef Abado et qu’il avait fait des études de je ne sais plus quoi étant donné l’heure tardive à laquelle je lui ai parlé. Il y avait aussi un certain KIM. Je suis allée les voir jouer dans une guinguette perdue en pleine nature un très beau soir d’été. Je leur ai même promis de leur trouver des scènes en Angleterre. Et puis je suis partie, je les ai oubliés.

Ce que je n’ai pas oublié, c’est le goût acidulé de leur énergie, la façon dont ils teintaient mes journées ternes de rose fluo. Quand j’ai découvert que KIM était à Paris, je me suis aventurée à aller l’écouter à l’Internationale. Emue sur des talons absolument hors de propos. Résultat, comme toute femme moderne qui se respecte, j’ai liké sa page Facebook. J’en serais restée là s’il n’avait eu la bonne idée de sortir un album dans la foulée de nos retrouvailles.

Pour relativiser, sache d’une part qu’il n’est pas au courant puisqu’on ne s’est probablement jamais parlé. En outre, mais ça je l’ai appris plus tard, il en est à son 19e album, ce qui fait que la coïncidence des retrouvailles n’en est pas une. Ça aurait pu avoir lieu n’importe quand.

Son album, tu peux l’écouter sur Deezer. C’est en tout cas ce que j’ai fait, grâce aux avertissements de Facebook (Merci grand dieu de l’internet, isn’t it). On dit Pop, acidulé, profond, bien construit, bijou. Moi j’ai pas le recul pour saisir, tout ce que je sais c’est que ça va. Mes journées retrouvent des teintes rose fluo quand il le faut. Mon body veut bouger comme c’est pas permis.

En plus KIM, il est ami avec Victorine qui chante la chanson Emma comme la fille de ma cousine et dans son clip on voit que Vaness La Bomba peut courir plus de cinq minutes d’affilée. Franchement, si avec ça t’es pas encore en train de l’écouter, j’sais plus quoi faire.

Ah, aussi, il joue mercredi prochain (le 7 décembre) à la Boule Noire. J'pense même que je vais y aller.



1 commentaire:

franck a dit…

Alors tu y es allée ?