lundi 20 février 2012

Je n'ai pas dit mon dernier merde

C’est l’histoire d’un mec qui va avoir un enfant et qui ne sait pas trop ce qu’il est allé foutre dans cette galère. Un mec comme toi, se demandant bien justement quelle idée débile l’a convaincu qu’il n’était pas totalement absurde d’offrir la vie, de mettre au monde. En d’autres termes, d’obliger un être de plus à s’enchainer aux questions existentielles et vaines que l’existence hic et nunc suscite.

C’est l’histoire d’un mec, mais aussi d’une famille. Un mec dans une famille. Une famille et un mec. On ne sait pas trop. Ce qu’on sait, c’est que c’est une famille comme toutes les familles, comme la grande famille française, comme la grande famille humaine mondiale – une histoire de merde. C’est presque parodique tellement ça touche au vrai, au juste, au profondément injuste tel qu’il n’existe qu’en famille.

C’est l’histoire d’un mec qui a des couilles, peut être trop pour le pays tel qu’il est, hic et nunc. Un mec qui hurle et postillonne en tordant son visage de douleur tandis que le monde déconne. Micro à la main, salle des quatre colonnes, il interroge, inlassablement, un organe politique aux multiples visages dont les lèvres défaillantes égrainent des mots creux dont le sens profond n’a d’autre synonyme que l’expression familière « je t’encule ».

C’est l’histoire d’un mec qui parle la langue Desproges tandis que ses congénères s’expriment en Barbie pour parler de sexisme. Un mec qui construit son spectacle autour de deux idées étranges : celle selon laquelle on peut rire de tout et celle selon laquelle les goûts et les couleurs (j’ai pas entendu la suite). C’est-à-dire qu’il malmène son audience en lui mettant le nez dans la poubelle de ses entrailles pour lui prouver que sa merde est la même que celle de son voisin et qu’elle (toi, moi, lui, nous, eux) l’a quand même bien cherché.

C’est l’histoire d’un mec. Un mec qui raconte mon histoire et la tienne. La leur aussi un peu quand même. Une histoire tellement triste qu’elle en est drôle. Et vice versa.

C’est une histoire vraie.

Ça se passe dans le sous-sol d’un restaurant du côté des Halles. Ça a lieu tous les lundis à 21h30 plus ou moins précises. Ça fait mal au cul (peut-être aussi au cœur).

C’est plus important que divertissant, même si ça l’est aussi, divertissant. Et puis si tu ne trouves pas d’autres arguments pour convaincre tes copains, dis-leur que c’est plus ou moins gratuit (tu n’as pas le droit de faire un don de plus de 500 euros à la sortie), que tu peux boire en rigolant et inversement, et qu’à un moment le mec, il s’entaille la poitrine au couteau à viande. True story.



Ah oui, ce mec n'en est pas à coup (de gueule) d'essai - avant, il essayait de s'expliquer avec calme et rationalisme. Si, souviens-toi, on avait entendu parler de son Sarkozy et moi à l'aube des élections de 2007. Si tu comprends toujours pas, sache qu'on parle même de lui sur Libération.


Je n'ai pas dit mon dernier merde
Jean-Daniel et David Vivès

5 Rue Sauval  
75001 Paris
01 40 26 22 29
pasmonderniermerde@gmail.com

Le lundi à 21h30

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