lundi 22 octobre 2012

Voici Paris

Beaubourg. Encore une histoire de coche raté. De solitude et de parisianisme. Samedi, il pleuvait pas mal et Beaubourg c'était après tout pas plus cliché que les jardins du Luxembourg ou que Saint Michel où j'avais passé ma matinée à écrire pour 2,80 euros (un allongé) comme toute sale pute qui se respecte.Je me souviens que dans le métro, outre certaines publicités qui ont le don à la fois de me glacer le sang et de me donner envie de, il y a un mec et du feu associé au logo du Centre Pompidou. Je me dis pourquoi pas après tout je ne vais pas déjà rentrer chez moi.

Pilote automatique direction dernier étage et les touristes qui prennent des photos de la vue malgré la pluie qui tâche les vitres et le ciel éteint. C'est sur Bertrand Lavier que je tombe. Il n'y est pas question de feu et je n'en retiendrai qu'une Alfa Romeo défoncée, une structure métallique et des clichés Harcourt de mannequins de cire. Je redescends et m'arrête à l'étage de la collection permanente au cas où. Voici Paris. De la photographie. Entre deux guerres. Tout pour me plaire. 5 thématiques, un portrait assez parlant de cette pratique qui devient là sous nos yeux avec le recul un art du sensible évocateur.

On y parle de la nuit "entre plaisir et labeur". On y coupe les visages et les corps. On met l'accent sur un pied ou une main. On y croise Cahun, Ubac, Moral ou encore Tabard. Laure Albin-Guillot vient titiller ta rétine. Tu pourrais rester figée pour l'éternité entre toutes ces représentations sur papier glacé de ce qui fait que tu aimes Paris, les hommes et la vie que t'en serais ravie. Enchantée. Ce n'est malheureusement pas possible. Mais l'expo dure jusqu'au 14 janvier et tu sais déjà que tu vas exploiter ton abonnement à fond: revenir à toutes les heures creuses de ta vie te masturber la cornée.

Le mec en feu c'est en bas, dans l'autre galerie, mais le mec en feu sera pour une autre fois, il y a une photo d'homme sur le sable que tu veux garder en tête pour le cas où tu en croiserais un, d'homme, pour lequel tu voudrais faire émerger les sensations que ça a éveillé dans ta chair. 

Jean Moral, Le pied, 1931

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