dimanche 3 février 2013

Linder @ MAM

Femme Femme Femme, Objet

Je comprends le collage et je comprends le corps et je comprends la société de consommation. Je comprends qu'une rétrospective installe tout. Je comprends. Linder elle est britannique, comme moi. Féministe, comme moi je crois. Femme, comme moi. Artiste, moi je sais pas. Engagée dans un questionnement, comme moi. Il y a du beau et du moins beau. Du juste et du moins juste. Du que je comprends pas. De la distance. De l'instrumentalisation. 

J'étais d'abord avec une bande d'amis que j'aime puis avec deux connaissances qui m'ont retourné le coeur. Dont un que je ne connaissais pas du tout. Mais tu sais tu vois moi je ne réfléchis pas et je sens et je cultive ma bêtise, ce qui est très difficile à défendre lors de conversations intelligentes. Je ne te parle pas d'envie mais d'une espèce de reconnaissance. Un truc assez rare et qui me met dans un état proche de l'hystérie quand ça arrive. On est pareils, on fait pareil, on sent pareil - même si on n'a rien à voir. Et on était là, pareillement perplexes quant à la proposition du Musée d'Art Moderne. Alors oui, un vernissage n'est pas le meilleur moment. J'entends. Oui. Il faudrait séparer les propositions les unes des autres, analyser le sujet, l'objet, la cohérence interne d'un moment qui ne dit pas nécessairement la même chose que ce qui a été dit avant et que ce qui se dira après. Oui. Mais quand même. Je crois à la boussole interne. Celle qui me dit quand moi-même je sonne juste. Quand j'en ai trop dit. Quand j'ai menti. Et je crois tellement à ça, je me plie tellement à ce tyran-là que je ne tolère pas ce qui sonne faux. Que l'humanité tout entière se retourne contre moi et dénonce ma folie, ça oui je m'y attends. Je crois même que c'est normal, ça fait trop mal cette vérité. Même quand c'est beau. Mais ce que je veux dire c'est que quand je vois une personne qui pareillement à moi lutte en marge et me touche et voit juste, je refuse de me taire et de ne pas défendre ça. Je comprends le côté paquebot des institutions et je comprends la nécessaire mort du musée. Je m'en fous. J'écume contre une chose qui n'existe pas et qui n'est pas palpable et qui rassure la plupart des gens. J'écume et je ne peux que la dénoncer dans les interstices du monde, comme A. que j'ai rencontré ce soir-là. Observateur des failles. A l'affût des grincements. Moins spectaculaire ou sensationnel qu'une femme à tête de tv ou qu'un trans bourré, déshumanisé. 

Linder c'est beau mais ce n'est pas une interstice. C'est un truc qui surfe sur la terrible condition de l'homme et de la femme que le féminisme a mis en lumière. Linder c'est de la pisse de chat à côté de Duras. Linder a bien sa place dans un musée empli de gens propres. Avec ses fausses provocations et sa ceinture gode sous sa robe de viande. 

En revanche, Arnaud Elfort demande à être soutenu avec force. C'est-à-dire entendu. 


Linder, Sans titre, 1981 

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